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EAN : 9782335050264
©Ligaran 2015
Il eut raison
CONTE PHILOSOPHIQUE ET MORAL
C’était un homme sensé qu’Azéma ; il ne voulait point se marier, parce qu’il savait qu’on trompe tous les maris, et il se maria. On lui proposa deux partis ; l’un était une jeune beauté qu’il aimait, et qui lui eût été fidèle ; l’autre était une veuve qui lui était indifférente, et qui ne l’était pas pour tout le monde ; c’est ce qu’on lui fit connaître clairement. Cette dernière fut l’objet de son choix et il eut raison. Ceci a l’air d’un paradoxe, cela va devenir une démonstration. Yrène, mère d’Azéma, se sentant près de sa dernière heure, fit venir son génie de confiance, et lui tint ce discours sensé : « Prenez soin, je vous prie, de l’éducation d’Azéma, appliquez-vous à lui rendre l’esprit juste, qu’il voie les choses comme elles sont : rien n’est plus difficile. Il est jeune, qu’il ait les erreurs de son âge, pour en sentir le faux ; qu’il fréquente les femmes ; qu’il ne soit pas méchant ; on doit se former l’esprit avec leurs agréments, excuser leurs défauts, et profiter de leurs faiblesses. Lorsqu’il aura vu le monde et qu’il en sera dégoûté, qu’il finisse par se marier, afin d’avoir une maison qui soit l’asile d’une compagnie choisie. Le bonheur d’un jeune homme c’est d’être toujours avec les autres ; le bonheur d’un homme raisonnable, c’est d’être souvent avec soi-même. Il est bien plus doux de recevoir ses amis que d’aller voir ses connaissances ; l’amitié est la volupté de l’âge mûr. »
Yrène expira après avoir dit tant de belles choses. Elle n’avait rien de mieux à faire ; il y aurait une grande mortalité, si l’on cessait de vivre lorsqu’on n’a plus rien à dire.
Le génie attendit qu’Azéma eût quinze ans, et lui parla ainsi : « On m’a recommandé de vous rendre prudent ; pour le devenir il faut faire des sottises : vous ne croiriez peut-être pas que pour cela on a quelquefois besoin de conseils ; je présume cependant que vous po