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La fuite éperdue d’un môme au trou béant dans la poitrine... vers son wagon refuge.



PLUTOT CREVER. Autant crever. Zag-Zig crispe sa main gantée de sang sur son sweat à capuche. La vie lui coule de la paume au poignet, un vif ruisselet vermeil... Rap, rap, rap. « Cours, cours, cours »... Ça chatouille. C’est presque jouissif. Et tant pis s’il en claque. Rien à foutre. Du moment qu’il trouve encore assez de niaque en lui pour rallier le ventre rond de la gare et réaliser sa grande évasion.



Dans ce récit qui galope au rythme haletant de la course du héros blessé, Dominique Guérin tape sur une batterie de mots, utilise des scansions speedées empruntées au rap, des répétitions, qui rendent parfaitement le « chemin de croix » vécu par le héros. Un style, du grand art d’écriture.


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Publié par

Date de parution

01 octobre 2014

EAN13

9791023403596

Langue

Français

Dominique Guérin Zag-Zig Nouvelle CollectionNoire sœur
Pas vite. Louvoyant d’un porche à l’autre sans zigzaguer avec sa vélocité coutumière. Des gouttelettes de sang le suivent à la trace : un joli pointillé sinueux qui lui survivra jusqu’à la prochaine averse. Sa main est poisseuse. La gauche, celle du cœur, scellée sur le trou de son thorax. Plus bas sa vessie a lâché. Son corps irradie de sueur sauf à l’entrecuisse où l’urine chaude glace son baggy-unit de camouflage kaki qui lui dégobille aux fesses. Ses poumons mal oxygénés envoient des signaux contradictoires à ses oreilles bourdonnantes. Zag-Zig a le tournis d’avoir sa tête qui pulse et scande pour lui tout seul, rap, rap, rap. Drôle de zique : voilà que Shurik’n se tape l’incruste et l’accompagne en boucle, rap, rap, rap «courir pour pas tomber, courir pour ne plus subir, courir pour s’en sortir». La gare est au bout de sa course. Pas d’autre choix : un wagon – son wagon –l’attend ! Tracté par la grosse loco noirâtre de Marmine prête à fendre l’air, à déchirer l’espace, à l’arracher d’ici-bas. Pour toujours. Zag-Zig déguste. Pas trop. Pareil qu’après une brûlure. Une hyper grave. Au quatrième degré, celui qui vous racornit : «plus ça grille, moins on morfle» leur avait appris Marmine unsoir d’éclateà la gare, parlant de son père qui s’était cramé les deux mains avec un c halumeau défectueux. Les premières heures, rien ; pas une gueulante. Puis à l’hosto des grands brûlés le barbeuc-man avait fait du bon taf, tranchant net les phalanges rissolées. La douleur s’était éveillée. À présent le tyrannosaure gueule en permanence et ne fiche plus la rame de ses dix doigts. De toute façon, pour ce qu’il en reste ! Des moignons roses. Dans la cité, les esgourdes des voisins en chient de ses geignardises alcoolisées à la Kro. Toujours la même ritournelle, le même refrain et, fatalement, un jour pas comme un autre, le plus furibard des assourdis lui fera ravaler sa chanson. Marmine culpabilise de l’écouter souffrir… sans le plaindre pour autant. Car les séances de tabasse ont pris fin. Même que s’il avait
pu, il aurait exposé le chalumeau en vitrine pour lui témoigner sa reconnaissance. Zag-Zig flippe. Pas assez. Pas au point de renoncer à sa mortelle carapate et de s’affaler en offrande sur le trottoir crade. Là où les flics affairés à ventouser ses basks Nike lui buteraient dessus. Mais ne le buteraient pas. Non, oh non ! En vrac dans l’ambulance, il ressusciterait sous perfuse. Ensuite direct la salle d’op’ et ses clowns blancs. Un coup de bistouri, peut-être deux, et la zonzon. Plutôt crever. Autant crever. Zag-Zig crispe sa main gantée de sang sur son sweat à capuche. La vie lui coule de la paume au poignet, un vif ruisselet vermeil… Rap, rap, rap. «Cours, cours, cours »… Ça chatouille. C’est presque jouissif. Et tant pis s’il en claque. Rien à foutre. Du moment qu’il trouve encore assez de niaque en lui pour rallier le ventre rond de la gare et réaliser sa grande évasion. Sans Marmine pour le retenir in extremis avec son air entre deux airs, «Marmine-de-rien »rigolent les keufs quand ils le qu’ils contrôlent pour de rire. Papiers ! >>>>>>>>>>>>>>>>>> Pour consulter le catalogueSKA
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